2500 kilomètres de “Vías Verdes” (“voies vertes”) parcourent l’Espagne. Il s’agit d’anciennes voies ferroviaires  abandonnées, ou inachevées, puis reconverties en itinéraires de cyclotourisme et de randonnées. La Vía Verde de la Sierra, dans la province de Cadix, relie Olvera à Puerto Serrano, au cœur des Villages Blancs les plus fameux d’Espagne.

A l’origine destinée à s’étendre jusque Jerez de la Frontera, elle parcourt aujourd’hui 36 kilomètres, et vous fera découvrir l’arrière-pays andalous et ses endroits les plus secrets…

Au départ de la Via de la Sierra: Olvera

Avant de commencer le circuit à vélo, ne ratez pas la visite du centre d’Olvera, juchée à l’entrée de la Sierra de Cadix. Ses deux incontournables : la forteresse arabe du XIIème siècle (dont le donjon subsiste), et l’église Archipresbytérale Nuestra Señora de la Encarnación. L’ensemble livre un délicieux mélange entre architecture populaire et héritage d’al-Andalus. Pour les férus d’histoire, le musée de « la frontière et des châteaux » retrace l’époque médiévale de la région, aux frontières du royaume nazarí.

olvera-via-verde

Un fois la visite d’Olvera terminée, la vía verde débute à l’ancienne gare du village, en contrebas. Il suffit ensuite de se laisser guider par la route, qui traverse de nombreux cours d’eau, et qui longe notamment le Guadalete jusque Puerto Serrano. En chemin, ne vous laissez pas surprendre par les nombreux tunnels (une trentaine au total !), le plus long d’entre eux s’étalant sur 1 kilomètre. Théoriquement, les lumières s’allument automatiquement… mais il est fortement recommandé d’avoir ses propres lumières.

via-vierde-paysage

Le Peñón de Zamafragón

Au bout d’environ 15 kilomètres, vous arrivez au temps fort du parcours : le Peñón (« rocher ») de Zaframagón. Culminant à 584 mètres, cette impressionnante formation est le résultat de milliers d’années d’érosion par le Guadalporcún. L’espace entourant ce rocher, bien que peu étendu, constitue une enclave abritant une faune et une flore autochtone impressionnante. Parmi celles-ci, le Peñón est surtout connu pour être l’habitat de la plus grande colonie de vautours fauves d’Andalousie, également l’une des plus grandes d’Europe. Et pour cause : la formation géologique naturelle est un endroit idéal pour ces oiseaux, grâce à sa hauteur, ses nombreuses cavités, et son isolement particulièrement marqué, jusque ces dernières décennies. De fait, de nombreuses autres espèces y ont également trouvé refuge. Parmi elles la chouette royale, le faucon pèlerin, le martin pêcheur, ou encore le circaète Jean-le-Blanc.

penon-de-zamafragon

C’est donc naturellement que l’ancienne gare de Zamafragón est devenue un centre d’interprétation et d’observation ornithologique, aujourd’hui visitable. Clou du spectacle : le système de surveillance vidéo, équipé d’une caméra haute sensibilité, panoramique, et permettant l’étude des vautours de jour comme de nuit.

Cinq kilomètres (et cinq tunnels) plus loin, vous atteignez la gare de Coripe, idéale pour se rafraîchir dans un cadre bucolique et convivial. Il reste ensuite environ 15 kilomètres avant d’atteindre la fin de votre périple. Les trois viaducs à traverser témoignent des difficultés et de la complexité de la construction de cette voie ferrée. A destination finale, la gare de Puerto Serrano est aujourd’hui une auberge et un restaurant, où la simplicité n’enlève rien au charme du lieu et à la qualité des repas qui y sont servis.